Tic-tac... carnet de route n° 3


Éros ? C’est un peu un songe, un peu une réalité. Il est partout et pourtant il n’est nulle part. On l’appelle Cupidon quand on l’imagine petit chérubin espiègle avec son arc et ses flèches, et on l’appelle Éros quand on le voit jeune homme amoureux de la belle Psyché. On l’appelle aussi Ramazzotti quand on a affaire à Una storia importante.


On l’appelle Amour, parfois.

 

Mais Amour, madame, ça veut dire quoi ? Pour les Grecs, il existe trois sortes d’amour. Agapé, Philia et Éros. Agapé (ἀγάπη), c’est l’amour désintéressé. Inconditionnel. Divin, diront certains. Philia (φιλία), c’est l’appartenance à un groupe social, l’amitié qui ne demande rien en retour. Éros (Ἔρως) est, selon les Grecs, l’amour fou, absolu, délirant. Celui qui rend aveugle, qui fait oublier, qui arrache à la frustration et à la sauvagerie, compense les échecs, prend la place de toute spiritualité.

 

Il est là, près, tout près de vous, mais vous ne le voyez pas. Il vous parle, vous chuchote à l’oreille, vous raconte son histoire. À l’origine était le Chaos. À l’origine était l’Amour. Mais l’Amour lui-même a-t-il le droit d’aimer ? Johanne, elle, elle sait. Elle a connu les rivages d’Ortygie l’itinérante. Elle a été l’amie d’Éros et aussi sa confidente. Johanne, elle, elle sait qu’il y a quelqu’un tapi dans l’ombre. Quelqu’un qui guette, qui surveille de son regard noir les faits et gestes d’Éros. Un malheureux, sans doute, peut-être même un jaloux. Peut-être que lui non plus, il n’a pas le droit d’aimer.

Écrire commentaire

Commentaires : 0