Carnet de route Origines-3, n° 1

 

Rester chez soi parce que c’est mieux pour tout le monde. Retrouver du temps – « le » temps ? – pour écrire, enfin ! La jolie Écho me propose de prendre le thé dans son chalet. Et le masque ? Pas besoin sur Ortygie. Pourtant, par les temps qui courent… Comment ? Il court, le temps ? Mais… de quel temps parle-t-on ?

 

Il était une fois trois frères, commence-t-elle. Ça commence bien ! Remontons loin dans le temps. Oui, mais quel temps ? Allons, « patience… patience… », dit Écho. Tout d’abord, il y a Aiôn (Αἰών). C’est le temps illimité, le dieu de l’éternité, mais aussi des cycles de la vie : les saisons, la nuit et le jour, les révolutions planétaires… Puis il y a Chronos (Χρόνος). Cronos ? Non, non, avec un « h », celui-là, pas celui qui a dévoré ses enfants, voyons ! Chronos est le sage vieillard aux ailes noires et au sablier, père des Heures ; c’est le temps linéaire, mesurable, unidirectionnel et (normalement) irréversible.

 

Et enfin, il y a Kairos (καιρός), jeune chevelu aux épaules et aux talons ailés. C’est le dieu de l’instant fugitif, celui de « l'instant T », du « bon moment ». Il y a un avant et un après le passage de Kairos. C’est l’opportunité que tu as le droit de ne pas voir, de voir et d’ignorer ou encore – et c’est souhaitable – d’attraper par les cheveux. Ah, voilà donc le détail des cheveux ! Écho a des étoiles dans les yeux. Il doit être drôlement séduisant, ce jeune Kairos. Quand allons-nous le rencontrer ? « Patience, patience… »

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